Sophrologie et douleurs 2 : quelques pistes efficaces

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Nous avons vu précédemment que la sophrologie intervenait sur la composante sensorielle et émotionnelle de la douleur. Lorsque vous êtes confrontés à la douleur, vous êtes complètement absorbés, bouffés par cette sensation. Aujourd’hui, je vous propose quelques pistes pour l’accompagner, la soulager. Devenir « acteur ». En parallèle avec les traitements médicaux bien sûr ; comme une béquille. A expérimenter pour trouver celle qui vous convient.

1. Accueillir

Lorsque la douleur devient chronique, suite à une pathologique articulaire, viscérale, ou neurologique, un cercle vicieux s’installe. La douleur vous agresse, vous limite; vous vous opposez à elle. Et lorsqu’elle passe, vous appréhendez la prochaine crise, vous recroquevillant sur vous-même. La prochaine crise s’installe sur votre corps déjà tendu, tétanisé, rajoutant une couche de tension supplémentaire.

Je vous propose de l’accueillir lorsqu’elle survient. Comme une vieille connaissance que vous êtes contraints d’accepter.

« Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille,
Tu réclamais le Soir; il descend; le voici… »

Baudelaire

Pas facile, j’en conviens, au début.

Associez-lui une représentation, une image, avec un peu d’humour. Par exemple, je visualise toujours le même petit singe narquois qui vient bloquer douloureusement mon épaule.

Et parlez-lui ; avec bienveillance. C’est une partie de vous qui s’exprime, qui a un message à délivrer.

Par exemple, dites-lui que vous l’entendez ; expliquez-lui que vous la prenez en compte, que vous allez faire ce qu’il faut pour récupérer; remerciez-la de son message.

Essayez ! Avec conviction . Et vous serez surpris de sentir l’intensité de la douleur légèrement diminuer : elle n’a plus besoin de parler haut et fort pour que vous l’entendiez.

Cela permet de mettre une distance entre elle et vous.

2. Réconforter la zone douloureuse

Après avoir accueilli votre douleur, apportez-lui de la chaleur, de la bienveillance.

Au lieu de vous arquer contre elle, d’être en colère après cette partie de votre corps que vous accusez de trahison, d’injustice, passez une main chaleureuse et douce sur votre corps ; une caresse enveloppante, comme pour la réconforter.

Puis massez du bout des doigts, doucement, avec beaucoup de délicatesse. Point par point, les attaches ligamentaires si c’est une douleur articulaire. Lissez du bout des doigts les muscles tendus autour de votre zone douloureuse; avec légèreté, dans le sens des fibres musculaires.

J’aime faire ce doux massage avec des huiles essentielles choisies. En plus du massage, j’aime l’odeur, la texture.

Apportez à votre corps une douce attention, bienveillante, maternelle.

Sentez comme les tensions musculaires de la zone douloureuse et les zones autour diminuent.

3. Respirer dans la zone de douleur

Lorsque la douleur s’exprime, vous vous mettez en contraction musculaire, en résistance. Même les muscles de la respiration. Votre respiration se fait plus courte. Prenez conscience de ce phénomène, de cette réaction spontanée.

Et allongez votre souffle. Doucement, en conscience. Inspirez longuement, puis expirez doucement, longuement, calmement. Soyez présent à votre respiration; attentif aux mouvements de votre cage thoracique, au passage de l’air par vos narines.

Puis, dirigez votre respiration. Visualisez-la se diriger vers la zone douloureuse, en souffrance; et apporter l’énergie nécessaire à sa reconstruction.

A chaque inspiration, elle amène énergie ; à chaque expiration, elle emporte tension et déchets inutiles. Petit à petit, progressivement ; à chaque respiration davantage.

Je visualise en respirant comme des petits bonshommes de dessin animé qui se relaient sur une zone de travaux pour dénouer l’inflammation et calmer la zone douloureuse. Trouvez votre image, celle qui vous convient.

Les longues expirations douces apportent détente musculaire et détente psychique.

4. Profiter de l’accalmie de votre corps pour faire un voyage agréable dans votre tête

Maintenant que la sensation douloureuse est légèrement diminuée, supportable, décidez d’aller , dans votre tête, vers un souvenir, un lieu agréable. Un lieu où votre corps, votre esprit sont détendus ; un lieu où vous vous sentez merveilleusement bien.

Installez-vous le plus confortablement possible et décidez qu’à cet instant, les idées, les pensées ne sont que légères brises qui ne font que passer.

Portez attention à votre respiration qui s’allonge, s’amplifie.

Puis rendez-vous, en pensée, dans un lieu, un moment, très agréable.

Revivez ce moment : le lieu, l’ambiance ; les formes, les couleurs autour de vous; les sons qui vous parviennent; les sensations sur votre peau (soleil, légère brise…); les goûts dans votre bouche; les odeurs, les parfums qui s’expriment…

Enfin, revivez les émotions de cet instant : la paix, le plaisir, la tranquillité ou la fébrilité de l’évènement, le partage…. Sentez votre coeur se gonfler de joie, de gratitude pour cet instant vécu.

Prolongez ce voyage-plaisir aussi longtemps que vous le souhaitez.

En conclusion : pour ne pas vous laisser envahir, « bouffer » par la douleur.

Apaisez la douleur avec les moyens médicamenteux ou naturels qui sont à votre disposition.

Puis décidez d’agir, de prendre part à l’institution de votre bien-être. Vous en avez les capacités :

  • La douleur est un signal. Accueillez-le; avec bienveillance, plutôt qu’avec rage. Essayez et voyez la différence !
  • Plutôt que de vous sentir en colère ou trahi par votre corps, décidez de réconforter la zone douloureuse par un léger massage, tout en douceur. Apportez-vous de l’amour; sentez votre corps se détendre. Vous récupérez ainsi l’énergie que vous perdriez à lutter contre.
  • Allongez votre respiration; elle se bloque spontanément à la douleur. Prêtez attention à la circulation de l’air ; dirigez-la vers la zone douloureuse. Les longues expirations douces apportent détente psychique et détente musculaire( c’est prouvé scientifiquement).
  • La douleur vous impose de rester tranquille, de ne pas vous agiter. Accordez-vous ce repos forcé. Et profitez-en pour faire quelque chose qui vous est agréable : lire, dessiner, écouter de la musique, regarder un joli film, rêvasser, écrire, téléphoner à une amie……ou partir en voyage dans votre tête dans un souvenir agréable….

Même si ce n’est pas facile ni spontané, essayez. Expérimentez et renouvelez. Petit à petit, cette attitude volontaire et bienveillante vous apportera soulagement et récupération plus rapide.

Prenez soin de vous avec bienveillance

Marie-Françoise

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